Hérésie (seconde partie)

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Dans la première partie de cet article, Dave s’en prenait à certaines idées reçues et dénonçait un insidieux terrorisme intellectuel. Ce mois-ci, Dave continue le massacre en s’attaquant entre autres au langage C. Inutile de dire qu’à la rédaction de ST-Mag, cela fait grincer pas mal de dents, car les grands programmeurs que nous côtoyons ont tendance à oublier les difficultés qu’ils éprouvèrent lorsqu’ils étaient débutants. Dave en profite aussi pour égratigner la mode du langage « politiquement correct » qui fait fureur outre-Atlantique et semble gagner nos rivages. Dave a spécialement écrit pour les lecteurs de ST-Mag une petite explication de ce phénomène…

Tout le monde trouve le langage C facile, sauf les crétins

J’en ai pIus qu’assez du langage C. J’ai codé en C et c’est pour moi aussi intuitif et agréable que de changer une couche sale. Et pourtant, les bidouilleurs considèrent que le C et son successeur orienté objet, le C++, sont les langages de base. AAARGH !

Mais désormais, d’autres que moi critiquent le C. J’ai eu récemment le plaisir de lire Jerry Pournelle [NdT : journaliste du mensuel américain Byte et auteur de S] le mettre à mal. Le problème de fond est que les programmeurs, presque tous du type de personnalité NT, adorent le C pour ses pointilleux casse-tête logiques, alors que c’est précisément ce que détestent les autres types de personnalité – dont les N, le type des artistes et écrivains, auquel j’appartiens. Les gens qui ne sont pas des programmeurs professionnels sont souvent d’un type autre que NT. Or les non-NT représentent 90% de la population.

Qu’est-ce que ça implique pour votre marché potentiel si vous décidez de faire des langages de programmation? Soyez réalistes! Voulez-vous viser 10% des gens ou 90% ?

Vous avez déjà vu des programmes en C ? lls sont bourrés de casse-tête logiques qui, selon les études psychologiques, sont le régal des NT. ll est même fréquent de voir des sources en C presque totaement dénués de commentaires : allons donc, ce serait de la triche! Un petit exemple bien connu nous est donné par une routine en C tirée du noyau d’Unix, dont le commentaire dit : « Je ne m’attends pas à ce que vous compreniez ce que je fais, alors je ne vais pas essayer de l’expliquer. » C’est pour moi l’exemple parfait d’un programme en C.

Un casse-tête en C

Tenez, faites-vous donc les dents sur cette instruction d’une ligne en C. Attention : ceci est considéré comme simple, élémentaire, facile et enfantin par les maîtres du C.

while ( *ptr2++ = *ptr1++ ) ;

Question : que fait cette instruction ?

NB : j,espère que je n’ai pas fait d’erreur en écrivant cette ligne, parce que le C est si incroyablement pinailleur que je ne m’en souviens jamais assez pour écrire du code. [NdT cette ligne est parfaitement correcte.] Un langage ne devrait pas être si difficile à mémoriser. J’ai appris le Basic à 16 ans, et à 33, je m’en souviens encore.

Alors, que fait cette ligne? Eh bien, c’est un casse-tête logique ! Et à moins de pouvoir le résoudre, vous n’êtes pas un Vrai Bidouilleur (ou Bidouilleuse)… La foule vous observe ! Le suspense monte ! J’attends ! Alors ?…

Vous avez trouvé ?… Non ?… Alors, coupez-moi cette queue de cheval, crétin ! Allez vous raser et prenez une douche! Et dégagez!

Permettez-moi de vous expliquer ce que fait ce code. Ptr2 et ptr1 sont des pointeurs, c’est-à-dire qu’ ils désignent un emplacement mémoire, et contiennent l’adresse d’un octet. l’ astérisque qui les précède veut dire que l’on travaille non pas avec les adresses elles-mêmes, mais avec le contenu des adresses. Le signe égal entre les deux (l’affectation) signifie qu’on copie le contenu de l’emplacement mémoire pointé par ptr1 dans celui pointé par ptr2. Le ++ qui suit les noms des pointeurs veut dire que nous ajoutons automatiquement une unité à chacun après usage, si bien qu’ils pointeront tous deux sur l’emplacement mémoire suivant. Si ptr1 valait 1, il vaudra 2 après exécution de ptr++. ce qui s’appelle l’auto-incrémentation.

Mais nous sommes dans une boucle « while », qui continue à s’exécuter tant que la condition à l’intérieur de la parenthèse est vraie. Ce n’est que lorsqu’elle devient fausse que l’on passe à l’instruction suivante. C’est en somme une boucle I-THEN-GOTO (horreur! ). Donc, cette instruction copie vers l’adresse ptr2 ce qu’il y a à l’adresse ptr1, passe aux adresses suivantes, et continue jusqu’à ce que la condition soit fausse. En C, faux équivaut à 0. Or, il se trouve que les chaînes de caractères sont, par convention, délimitées en C par un zéro ! (Ce qui entre en conflit avec la convention du Pascal, pour lequel une chaîne commence par un entier donnant sa longueur. Vous ne pouvez imaginer combien on s’amuse quand on veut, dans un programme en C, appeler des routines en Pascal traîtant des chaînes… Comme quand on programme sur Macintosh. C’est l’enfer. Beaucoup de programmes plantent en ne trouvant jamais la fin d’une chaîne dont il manque le zéro final.)

Donc la boucle « while » se termine lorsqu’elle rencontre le 0 de fin de chaîne, parce que 0 équivaut à faux ! Et… j’en tremble d’excitation… puisque ptr1 et ptr2 pointent sur des chaînes… Nous venons de copier une chaîne !…

Super ! Génial ! C’est-y pas futé comme ruse, hmmm ? (Au fait, vos cheveux ne vous démangent pas quand vous ne les lavez qu’une fois par mois ?)

Si vous pensez que cette instruction est simple et élégante, apprenez le C. Vous serez heureux de passer le reste de votre vie à déchiffrer du code qui a délibérément été écrit pour être difficile à comprendre. Vous adorerez l’absence de commentaires parce que « le code est auto-commenté », ce qui revient à dire que si vous êtes trop bête pour comprendre, par télépathie, ce que pensait l’ auteur du code, c’est que vous n’êtes pas à votre place. Ca me rappelle ce que répondait ie miiliardaire J.P. Morgan, quand des invités montaient à bord de son yacht et lui demandaient combien avait coûté le navire : « S’il vous faut demander son prix, c’est que c’est au-dessus de vos moyens. »

Pour moi, cette ligne se résume tout simplement à une instruction A$ = B$ en Basic, ce malheureux langage obsolète pour esprits primitifs (comme dirait Spock, l’archétype du NT). Comme moi.

En fait, à moins de comprendre que la boucle « while » prendra fin lorsqu’elle rencontrera un zéro de fin de chaîne, vous êtes perdu. Et croyez-moi, je vous assure qu’il y a de très nombreux cas où une chaîne peut perdre sa terminaison, causant un plantage. J’en ai tracé tant… Le C est bourré d’aberrations de ce genre. De plus, il est fait pour des gens qui ont peur de frapper un caractère en trop. La boucle ci-dessus pourrait être « expansée » pour être plus claire, comme par exemple :

/* Tant que ptr1 ne pointe pas
sur le caractère de code 0 */
while ( *ptr1 ! = ‘ \0 ‘ )
{
*ptr2 ++ = *ptr1 ++; /* Copie
avec auto-incrémentation */
}

Mais l’écrire ainsi serait trop long. De même, pour ajouter un nombre b à un nombre a, au lieu d’écrire

a = a + b;

le vrai codeur en C écrira

a += b;

Crétonnerre, mais c’est qu’on a économisé la frappe de deux caractères en procédant ainsi !

Pour comparer deux variables, comme dans l’instruction Basic | A = B, on doit en C utiliser une parenthèse et un double égal :

if (a == b) . Et ce, à cause d’un subtil distinguo d’informaticien théoriste qui affirme qu’il faut marquer une différence entre le signe égal qui sert à transférer une donnée (l’affectation, A = B) et la comparaison (le test, est-ce que A = B ?). Néanmoins, écrire if (a = b) en C n’engendre pas d’erreur à la compilation, et se contente de semer la panique dans votre programme ! Tous les programmeurs en C sont tombés dans ce piège plus d’une fois.

Or, curieusement, la torture qu’ils s’infligent est considérée comme un signe honorifique et est qualifiée de  » bonne ». Ce qui me rappelle furieusement les religieux fanatiques se flagellant durant l’épidémie de peste noire du XIVè siècle, en espérant que s’ils s’ infligeaient assez de tourments, Dieu leur épargnerait la peste parce qu’ils avaient déjà assez souffert.

Si vous n’êtes pas encore mort de rire, sachez qu’ il y a des discussions ô combien sérieuses sur le temps que les programmeurs en C ont gagné en utilisant ces petits raccourcis, comme si les années-hommes de débogage ne comptaient pas. Et si toutes ces turpitudes du C vous emplissent d’ un sain dégoût, un peu comme quand on observe le Parlement en action, alors, ami lecteur, apprenez et utilisez le Basic et l’assembleur. Vous avez la chance d’avoir à votre disposition sur le ST les Basic les plus puissants jamais écrits, ainsi que le langage assembleur 68000, qui est le plus propre, le mieux conçu, le plus facile à apprendre que l’on puisse imaginer. Si vous avez déjà souffert sur l’infernal langage-machine du 8088 des compatibles PC, qui est une abomination vomie par le démon, vous êtes probablement dégoûté de l’assembleur. Aussi, je vous en prie, essayez ce pur, ce merveilleux assembleur 68000 (GenSt et GenTT de HiSoft sont formidables). C’est un plaisir, et les gens qui l’ utilisent en tombent amoureux (comme moi).


Le sondage


Récemment, un torch… heu… un magazine consacré au PC a sondé ses lecteurs pour savoir dans quel langage ils programmaient. Les rédacteurs ont dressé une liste comprenant les langages C, Pascal, Modula, Assembleur, Forth et autres… Quelqu’un fit alors timidement remarquer qu’un brave bouseux nommé Small habitant Denver, dans le Colorado, pourrait bien encore utiliser le Basic. Tous eurent un petit rire dédaigneux et ajoutèrent le Basic « pour compléter la liste ».

Je dois préciser que les rédacteurs techniques sont presque exclusivement des NT. Les autres rédacteurs et écrivains sont des N.

Quand les réponses des lecteurs commencèrent à arriver, la rédaction était pâle et tremblante d’horreur. L’énorme majorité des lecteurs programmait en lBM Basic ou en GW-Basic ! C’était à n’y rien comprendre. Comment, avec tous les avantages qu’offrait le C, il fallait être un troglodyte criminel pour utiliser le Basic ! Mais le fait était que beaucoup de gens, y compris votre serviteur, emploient le Basic. ll faut être masochiste pour utiliser le C. Vous haïssez-vous vraiment ?


Médias hallucinés


Les médias arrivent ainsi parfois à s’autopersuader que le petit terrorisme intellectuel qu’ils imposent dans leur domaine est obéi par le public. Dans ce cas-là, le démenti fut cinglant. Mais sous d’autres formes, la remise des pendules à l’heure tarde à venir. Comme par exemple pour la vague du  » politiquement correct » qui sevit aux USA. Une « Personne Correcte Politiquement, , (PCP) ne fera pas l’aumône à un aveugle mais « apportera une aide humanitaire à une personne visuellement handicapée », ne parlera pas d’un vieillard mais d’ une « personne du troisième âge », et autres non-sens. Personnellement, je pense que cette « langue de coton » permet de répartir les gens en catégories pour les contrôler plus facilement, ce que je déteste. ll faut se rappeler que PCP désigne en chimie la phencyclidine, un puissant anesthésique pour animaux que fument les drogués, et qui provoque chez eux de redoutables hallucinations les coupant totalement de la réalité. Voilà une belle métaphore pour ce conformisme servile.

Le basic n’est pas obsolete

Jadis, durant les années 1960, c’est-à-dire il y a tout de même trente ans, le Basic vous permettait d’abuser de certaines choses, comme l’instruction GOTO. Si vous étiez idiot, vous écriviez du « code spaghetti », où le flot du programme partait dans tous les sens. Mettre fin à ces abus devint apparemment le but dans l’existence du Pr. Wirth. Mais il jeta le bébé avec l’eau du bain : le Basic était extrêmement puissant comparé au Pascal.

Loi de Small n° 21 : on peut écrire du mauvais code dans n’importe quel langage, y compris le C et le Basic. Mais de plus, le C est orienté vers le « code à écriture seule », par analogie avec les ROM qui sont des mémoires à lecture seule.

Loi de Small n° 22 : du « code à écriture seule » est du code si illisible qu’il ne pourra jamais plus être déchiffré, même par son auteur trois mois après. Le langage APL est l’exemple classique en la matière, mais le C n’est pas mal non plus.

Loi de Small n° 23 : Ecrire pour votre entreprise du « code à écriture seule » dont vous gardez en secret une version commentée s’appelle « prendre une assurance anti-licenciement ».

Loi de Small n° 24 : Le logiciel de l’IRS (le service de l’impôt sur le revenu américain) a été écrit par des gens qui sont souvent morts aujourd,hui. ait authentique : parfois, les structures fiscales ne peuvent être changées parce que personne ne sait plus où faire les modifications dans le logiciel. l’IRS continue à embaucher des programmeurs.

Pour en revenir au Basic des années 60, on pouvait très bien abuser de l’ instruction GOTO, tout comme l’auteur d’un article peut très bien abuser des digressions et parenthèses pour s’écarter du sujet… Hem… heu… Reprenons.

Des gens bien inspirés ajoutèrent au Basic ce qui était alors le nec plus ultra, entre autres les structures de programmation, de sorte qu’on pouvait les utiliser si on le désirait. J’estime quant à moi que se prosterner devant les diktats de la programmation structurée est idiot. Mais peut-être votre compagnie a-t-elle des règlements stricts, disant que vous devez être à votre bureau à 9 h, vous laver les mains après avoir été aux toilettes, et utiliser des boucles  » while » au lieu de IF-THEN-ELSE. Dans ce cas, pauvre hère, toutes mes condoléances.

Et si jamais un comique vous dit que le Basic est obsolète, voici quelques questions à lui poser pour engager la conversation:

  • Que pensez-vous de l’ affaire Ben Barka?
  • La France va-t-elle vraiment quitter l’OTAN ?
  • Où est votre pendentif Amour et Paix ?
  • Avez-vous été au concert de Jim Morrison et Jimi Hendrix ?
  • Est-ce vous vous habituez aux Nouveaux francs ?

Parce que le malheureux en est irrémédiablement resté aux années 60.

Quand je veux écrire quelque chose très vite, je l’écris en Basic, qui est une sorte de super-assembleur et qui fait pour vous beaucoup de travaux fastidieux. Quand je veux faire un programme qui va le plus vite possible, je l’écris en assembleur, et il pulvérise tout ce qui peut être écrit en d’autres langages. Je n’écris pas des saletés qui se traînent à la même allure que ce que peut faire n’importe qui, allure qui n’a guère changé depuis 1980. (Vous savez, la même vitesse de défilement affligeante, la même vitesse de recalcul gastéropodesque…)

Loi de Small n° 25 : Tandis que le matériel devient de plus en plus rapide, les programmeurs engendrent un code de plus en plus mauvais, de sorte que la vitesse d’exécution reste constante. Le code engendré par les compilateurs C++ modernes, par exemple, est incroyablement inefficace. Je vous défie de me contredire après avoir utilisé System 7.0 sur un Mac à 8 MHz.

Loi de Small n° 26 : La raison pour laquelle Windows 3.0 est considéré comme  » utilisable » est qu’il tourne désormais en général sur de puissants 386 ou 486 à plus de 16 MHz. l’ancienne version de Windows, qui fut condamnée par la presse comme étant « trop lente », ne bénéficiait pas encore de ce matériel. Je parie que Microsoft s’est contenté d’attendre ! Windows n’est d’ailleurs pas codé en assembleur.

Loi de Small n° 27 : Un programmeur digne de ce nom peut créer des codes époustouflants en assembleur, car rien qu’en évitant les grossières inefficiences des générateurs de code du C ou du Pascal, le programme sera beaucoup plus rapide. C’est ainsi que l’on crée des légendes. Prenez l’éditeur de texte Tempus, vous avez vu sa vitesse de défilement ? !

Loi de Small n° 28 : Comment croyez-vous que j’ai fait un émulateur Mac ? A votre avis, pourquoi est-il si rapide ?

Loi de Small n° 29 : Pensez-vous que l’on puisse gagner sa vie en suivant le troupeau du conformisme ? Si un avis est donné gratuitement dans un magazine, il vaut probablement ce que vous l’avez payé.

Mais, Dave, le C est portable

Ben voyons. Si un bidouilleur du C vous affirme cela, regardez-le droit dans les yeux et faites-le répéter Je sais ce ce qu’il en est, j’ai fait des portages de sources C. C’est presque aussi amusant que de désenliser sous la pluie une voiture qui a de la boue jusqu’aux portières.

En théorie, vous devriez pouvoir prendre un code source écrit en C sur une machine et le recompiler sans problème sur une autre. A vrai dire, un source en C est partiellement portable entre machines. Pour l’être totalement, le source devrait n’utiliser que le plus petit commun dénominateur entre les machines, ce qui veut dire qu’il ne pourrait utiliser par exemple les caractéristiques parti- culères du ST. Ou alors, il faut recourir à l’écriture de modules « pilotes » spéciaux, ce qui réfute l’idée même de portabilité.

Et si vous réussissez à faire votre portage entre deux machines ? En ce cas, bravo ! Vous avez maintenant deux machines se traînant bien en deçà de leur vitesse optimale, parce que les compilateurs C sont encore très peu malins quand ils engendrent le code machine. Rappelez-vous que les compilateurs ne sont que des programmes et n’ ont en eux rien de l’intelligence humaine pour les aider à optimiser. [NdT : sur station de travail Unix, certains compilateurs disposent d’optimiseurs qui, eux, appliquent des astuces de programmeurs chevronnés pour améliorer leur code machine.] Je dirais que la science des compilateurs a encore besoin de 50 ans de progrès avant de concurrencer les codeurs humains. Pour l’instant, n’importe quel programmeur peut améliorer considérablement du code compilé.

Note : la « remarquable augmentation de vitesse » des ROM 128K du Mac par rapport aux 64K est due à un programmeur qui a réécrit en assembleur les routines du Quickdraw compilées en Pascal.

Bref, je suis persuadé que faire un programme qui se traîne sur deux machines n’ est pas un exploit. Le faire foncer, voilà qui est bien !

Prenez le très portable X-Windows, l’environnement graphique pour stations de travail. Il est admis par presque tous que ce système est lent, lourd et très touffu. Il faut des processeurs graphiques spécialisés pour avoir des vitesses acceptables, ce qui fait le bonheur des fabricants de puces. [NdT : il est vrai qu’il faut des machines d’au moins 20 MlPS pour avoir sous X-Windows des vitesses de réaction comparables à celles du GEM sur ST.]

Maintenant que j’y pense, je signale que le Basic de l’IBM PC est plutôt rapide, et plutôt portable… même sur le ST.


La verite


La vérité est qu’il y a un hiatus entre un concept et son implémentation, à savoir la programmation structurée.

Structurer un programme, tout programmeur sain d’esprit le fait, mais pas forcément dans la forme imposée par le terrorisme intellectuel ambiant. Tenez, mon style particulier de structuration est que le début d’un programme est la première chose qu’il fait, la dernière ligne est la dernière chose. Si je débogue quelque chose qui est fait à mi-chemin dans le programme, je commence par regarder au milieu du listing. Oui, j,utilise des sous-programmes, je les mets d’habitude au bas du listing, mais aussi parfois près de la routine qui les utilise. Cela rend le débogage beaucoup plus facile, ce qui me permet d’achever le programme plus vite.

La structure des programmes Pascal me paraît insensée. Elle est sens dessus-des- sous. d’abord, vous devez écrire tous les sous-programmes. Ensuite, au fin fond du listing, vous écrivez le code qui les appelle. Et c’est censé être cela, la programmation « haut-en-bas » ? Calembredaines ! Oui, je sais que le Pascal est un compilateur monopasse, mais c’est une mauvaise excuse, mon gaillard.
Je veux utiliser un langage dans lequel je puisse donner des ordres à la machine, et non me livrer à des contorsions pour lui faciliter la tâche.
De même, structurer un article, tout auteur sain d’esprit le fait, mais pas forcément de manière conformiste. Le « flot de contrôle » de l’article ne doit pas être exagérément obscurci par des digressions, des écarts et des considérations hors- sujet. J’ai délibérément écrit cet article de manière non structurée, en y ajoutant force digressions, de manière à bien montrer l’analogie avec la programmation. Dans d’autres articles, je vais rigoureusement du début à la conclusion de manière linéaire, ce qui montre que je peux aussi écrire – ou coder – de manière structurée. Mais l’important, c’est le plaisir du lecteur. A votre avis, de l’agrément ou de la rigueur, qu’est-ce qui prime ?

Ensuite, n’oubliez pas que la structure, c’est votre affaire, pas celle de Wirth (et je suis certain qu’il m’approuverait). Vous pouvez écrire de l’assembleur structuré qui est facile à déboguer si vous le souhaitez. Ou bien vous pouvez pondre le plus abominable des plats de spaghettis en C si vous le voulez, et le soumettre à vos confrères dans le cadre des concours « Que fait ce code? » organisés chaque année, où des bouts de codes particulièrement obscurs sont soumis à la sagacité de programmeurs C.

Le langage dans lequel vous codez n’a rien à voir avec vos capacités de bidouilleurs. Un langage de programmation est censé être une façon conventionnelle de donner des instructions à un ordinateur, et doit pouvoir être écrit et relu par des personnes différentes. ll n’est pas censé être obscur, bizarre et plein de pièges subtils (ça, ce sont les attributs de la magie). Ce qui importe en matière de créativité, ce sont vos rêves et votre volonté de repousser les limites, de faire ce que personne ne croyait possible (un bon exemple est fourni par presque toutes les créations de Codehead Software). Le reste n’est que vaine discussion entre peintres pour savoir quel pinceau est le meilleur. Certes, il se trouve des gens pour apprécier ces discussions, mais elles ne sont guère au coeur du débat.

Et si vous tenez absolument à ce que vos créations portent le fardeau que ne manquera pas de leur imposer le C, c’est votre affaire, allez-y. Moi, je dis seulement que je préfère voir ma machine dépenser utilement chaque cycle d’unité centrale.


Rebellez vous


Alors, rebellez-vous. A la prochaine réunion de votre groupe d’utilisateurs, interrompez les monologues des gourous du C, et dites : « Moi, je pense que le C est inutilisable et qu’on s’en souviendra comme d’un cauchemar dans dix ans. Quant aux structures, c’est moi qui les utilise, et non l’inverse. »

Voyez ce qui arrivera. Vous devrez peut être couper votre queue de cheval, vous doucher et vous raser. Mais vous serez alors un véritable bidouilleur.


La cible de vous tomate


Si vous voulez me lancer des tomates, voici mes adresses télématiques :

GEnie : DAVESMALL
Compuserve: 76606,666 ou 76004,2136
Internet/USENET :dsmall@well.sf.ca.us

J'espère que cet article vous a plu, même si vous n'êtes pas d'accord. J'attends en tout cas vos commentaires. A la prochaine fois!

Traduction et adatation : Password

Titre original: Heresy

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